On ne peut parler des roses orléanaises sans citer le rosier botanique Rosa wichuraiana, qui fut à l’origine des immenses  grimpants obtenus par les rosiéristes orléanais, et qui contribua à la renommée de la rose à Orléans, au début du XXème siècle.

Ce n’est qu’en 1899, soit une quarantaine d’années après l’introduction en Europe de Rosa wichuraiana par le prussien Max Ernst Wichura, qu’apparaissent les premiers hybrides de wichuraiana. Ce sont d’abord les américains qui obtinrent les premiers hybrides de wichuraiana : Manda en 1899 avec 'Gardenia', ‘May Queen’ et ‘Jersey Beauty’, Perkins en 1901 avec la célèbre ‘Dorothy Perkins’ et Van Fleet en 1906 avec ‘American Pillar’. Mais ce fut à Orléans, que Fauque, Eugène  Turbat et surtout René Barbier approfondirent  les recherches sur l’hybridation de Rosa wichuraiana et obtinrent  plus de 60 grimpants, dont beaucoup furent sauvegardés à l’Hay les Roses et à Sangerhausen en Allemagne.

Fauque : près de 7 hybrides de wichuraiana dont ‘Gerbe rose’ et ‘La Perle’ en 1904, ‘Diabolo’ et ‘Miss Helyett’ en 1908,  ‘Francis’ en 1909 et ‘Aviateur Blériot’ en 1910 …

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Eugène Turbat : près de 17 hybrides de wichuraiana dont ‘Louis Sauvage’ en 1914, ‘Beauté orléanaise’ en 1919, ‘La Fraîcheur’ en 1921, ‘Papa Rouillard’ en 1923, ‘Ardon’ en 1925, …

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Barbier & Cie : près de 40 hybrides de wichuraiana (voir la rubrique  Barbier & Cie). Dès 1900, il en obtint 5, 'Albéric Barbier', 'François Foucard', 'Auguste Barbier', 'Paul Transon' et 'René André'. Puis 5 autres en 1901, 'Adélaïde Moullé', 'Cramoisi simple', 'Edmond Proust', 'Elisa Robichon' et 'Rubra'...   dont beaucoup portèrent le nom des membres de son personnel.

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Grâce à leur exceptionnelle vitalité et à  leur éblouissante floraison, ces grimpants vont connaître un grand succès, largement démontré à la roseraie de Bagatelle et de l’Hay les Roses. Peu à peu, les obtenteurs vont tenter, tout en conservant les qualités initiales de cette famille, d’offrir des fleurs plus grandes pour satisfaire les goûts de l’époque, c’est surtout le cas de René Barbier, qui en fut le plus grand obtenteur et qui les hybrida surtout avec des roses thé et noisette. Quand à la palette des couleurs, ils vont considérablement enrichir leurs obtentions avec le cuivre et jaune d’Auguste Gervaise’, le saumon et rose d’Albertine’, le cuivre et jaune safran de ‘Jacotte’, le rouge grenat de ‘Louis Sauvage’, et toute la gamme des jaunes de ‘Source d’Or’, ‘Aviateur Blériot’, ‘Primevère’, ‘Coupe d’Or’, ‘François Poisson’, ‘François Foucard’, ‘Joseph Liger’….

Même s’ils ne sont pas remontants, les hybrides de wichuraiana grâce à leur somptueuse floraison, ont été et sont toujours appréciés pour décorer avec élégance et opulence les arches, tonnelles et pergolas de nos jardins. Et grâce à la Roseraie Conservatoire Jean Dupont, nous pouvons encore les admirer à Orléans, dans l’ancien quartier des pépinières à Saint Marceau, terre de leurs origines…

et pour terminer, voici l'unique mais remarquable hybride de wichuraiana encore en culture, de l'orléanais Corboeuf-Marsault, 'L'Avenir' en 1910.

Rosemai

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